Ci-après, les lettres complètes dont sont tirées les citations.

 

Lettre de Paul à Franz Lefmann du 9 juillet 1915

« France, le 9 juillet 15
Cher Papa !
Notre travail progresse (…) Nous construisons une position après l’une autre. Je n’ai rien de nouveau à raconter. – Envoie-moi donc encore du papier à lettres, celui d’ici est inutilisable. – Surtout, Maman pourrait m’envoyer encore un peu de beurre, on n’en trouve plus ici. De temps en temps aussi, s’il te plaît, une saucisse de Braunschweig. Le courrier n’arrive ce soir qu’à 9 heures.
Cordialement
Paul.
Veuillez envoyer quelques semelles pour bottes, pointure 43. »


Lettre de Paul à Franz Lefmann du 30 juillet 1915

« Pignicourt, le 30 juillet 1915.
3 heures de l’après-midi
Chers Parents, chère Heti,
Comme je vous l’ai déjà écrit, nous creusons maintenant une nouvelle position, et cette fois pour l’artillerie. La position fait environ 100 mètres de long et est destinée à 4 canons lourds de 15 cm. Chaque emplacement, d’environ 5 m de long, 4 m de large et 1,10 m de profondeur, est relié au plus proche par une tranchée de communication. […]
Les petites pièces à côté des emplacements de tir sont les chambres à projectiles, où est stockée la munition. La tranchée mesure environ 75 cm de large et 2 m de profondeur. Je me rends compte combien il est pénible de creuser une telle position, quand Papa retourne son champ : c’est un véritable jeu d’enfant à côté. Le sol est presque uniquement constitué de craie et doit d’abord être brisé au pic. Maintenant que le temps est beau, nous recevons chaque matin la visite d’aviateurs. À peine deux heures s’écoulent, qu’un avion français est déjà en vue. Alors, il faut se mettre à couvert dans les tranchées et les abris, car autrement nous risquons d’être touchés par les éclats des shrapnels tirés sur l’avion. Les aviateurs ennemis essaient naturellement de photographier d’en haut les positions que nous construisons. Il y a quelques jours, un avion français a survolé notre position et a été violemment pris pour cible par nos canons de défense ; il a reçu environ 200 coups, en plus du tir des mitrailleuses et de l’infanterie. J’aimerais beaucoup voir un avion abattu, mais nous n’aurons sans doute pas ce plaisir. Les avions ne jettent pas de bombes ici, ils ne servent qu’aux missions de reconnaissance. Nos aviateurs allemands travaillent naturellement avec autant d’intensité que les Français. – Pour aujourd’hui, c’est fini.
Bien des salutations
Votre Paul. »

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Matériel pédagogique - Affiche 02
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